Tote bag « Nudity is not pornography » réalisé par la Boutique Les Chéris spécialement pour le studio photo à Montreuil près de Paris. En vente sur simple demande.
La nudité n’est pas la pornographie
Je photographie des corps. Des corps qui doutent parfois, qui se cachent souvent, et qui, un jour, osent se montrer pour se rencontrer. Dans mon studio à Montreuil, je vois la pudeur, la force tranquille, les cicatrices qui racontent — et l’instant où l’on cesse de se juger pour simplement se voir. Nudité ne signifie pas pornographie; rien de tout cela n’est de la pornographie. C’est de l’art, du soin par l’image, un dialogue entre une personne et la lumière.
« C’est mon corps. Ce corps, c’est moi. On me l’avait pris depuis si longtemps… » — Séance estime de soi 2025
Ce que dit la loi (et ce qu’elle ne dit pas)
En France, la loi encadre la diffusion de contenus pornographiques aux mineurs (art. 227-24 du code pénal) et, depuis 2024, renforce la vérification d’âge pour les sites X. Le sujet juridique, c’est la protection des mineurs, pas l’interdiction de montrer un corps nu en tant que tel. La liberté de création demeure, dans le respect des autres intérêts protégés.
Dans l’histoire de l’art, le nu est un langage
Des kouroï grecs aux pastels de Degas, le nu interroge beauté, vulnérabilité, identité. Les musées l’exposent comme un genre artistique à part entière. Le contexte et l’intention changent tout : on ne regarde pas un nu artistique comme on consomme un contenu destiné à l’excitation.
L’intention, le contexte, le regard : trois clés pour distinguer
- Intention : exprimer, chercher, raconter — plutôt que provoquer l’excitation.
- Contexte : série, exposition, livre, démarche éditoriale — et non plateforme X.
- Regard : restituer l’agency de la personne, son histoire, son rythme.
« L’appréhension a vite cédé sa place à la stupéfaction. Très agréablement surprise : le résultat est au-delà de mes attentes. – mini séance portrait 2024
Les plateformes sociales compliquent (parfois) la donne
Sur les réseaux, la nudité est souvent restreinte par des règles globales et des algorithmes qui confondent pédagogie, santé, art et pornographie. D’où l’importance d’un site personnel et de canaux maîtrisés pour publier un nu artistique sans l’assimiler à du contenu adulte.
Dans mon studio photo : une éthique claire
Mon travail n’est pas de « faire du nu » pour le nu, mais de créer des images justes de vous.
- Consentement éclairé : nous parlons avant, pendant, après.
- Sécurité & respect : pas d’actes explicites, pas de mise en scène sexuelle.
- Cadre professionnel : confidentialité, choix de diffusion, anonymat ou pseudonyme.
- But : se réconcilier avec son image, célébrer un passage de vie, transmettre.
« Je me découvre avec douceur. Ce que je voyais comme un défaut devient une trace de vie. » — Nu artistique 2023
Petit guide pratique : reconnaître un nu artistique
- Finalité : expression, exploration, mémoire — pas visée masturbatoire.
- Contenu : pas d’actes sexuels explicites ; travail de pose, lumière, composition.
- Récit : la personne existe comme sujet, pas comme objet.
- Circulation : galerie, livre, portfolio, site d’artiste — pas plateforme X.
Et quand c’est une femme qui regarde le corps des hommes ?
Cet article défend une idée simple : nudity is not pornography. Or il existe une variante plus discrète de ce malentendu, qui tient cette fois au genre de la personne qui regarde. J’y ai repensé récemment, grâce à un podcast.
Un podcast reçu au bon moment
Il y a quelques semaines, mon amie Marie m’a envoyé un lien. Troublante coïncidence : j’écoutais déjà ce podcast, au même instant. Les Couilles sur la table (Binge Audio) consacrait deux épisodes à une question qui me suit depuis des années : « Quand les femmes matent les hommes ».
En effet, la cinéaste Pauline Loquès y raconte une chose frappante. En cherchant des portraits d’hommes désirables réalisés par des femmes, elle n’en a presque pas trouvé. De son côté, l’anthropologue Morgane Tocco rappelle que le regard des femmes sur les corps masculins reste un impensé. Autrement dit, on apprend aux femmes à être regardées, rarement à regarder.
Photographier des hommes ne veut pas dire les désirer
En les écoutant, je me suis reconnue. Car moi aussi, je regarde le corps des hommes — depuis huit ans dans mon studio, et bien avant dans ma vie. D’ailleurs, cette phrase figure sur ma page d’accueil depuis longtemps : les femmes qui photographient les hommes nus, il y en a vraiment très peu.
On me le dit souvent, ou on le pense sans le dire : si je photographie des hommes, c’est que « j’aime le corps des hommes ». Pourtant, ce n’est pas ainsi que je le vis. Mon approche ne change pas selon le genre du modèle. Ce que je cherche, c’est la beauté, l’esthétique, l’instant où l’on cesse de se juger pour simplement se voir. Pas l’érotisation.
C’est exactement le cœur de cet article, vu sous l’angle du genre. Lire du sexe partout où une femme ose regarder, c’est au fond la même confusion que celle entre l’art et la pornographie.
Regarder, sans être « en marbre »
Soyons honnête, pour autant : je ne suis pas en marbre. Il m’arrive de ne pas rester indifférente à une présence, à une peau, à une façon d’habiter son corps. Mais c’est plus subtil que « aimer le corps des hommes ». C’est un goût pour le beau, parfois pour le trouble, qui ne bascule jamais dans ce que je montre ni dans ce que je cherche à provoquer.
Le podcast le dit bien : ce regard féminin a longtemps manqué d’espace pour exister. Peut-être est-ce cela que je fabrique, séance après séance. Un espace où une femme peut regarder un homme avec attention, et où un homme peut se laisser voir sans se sentir réduit.
Ces hommes-là, je les photographie depuis mon tout premier modèle. Pas des physiques d’acteurs : des hommes qui doutent, et qui cherchaient une femme pour poser un regard juste sur eux. Ces deux épisodes m’ont donc parlé comme rarement. Enfin, j’ai commandé le livre de Morgane Tocco, Moi aussi je te regarde. Regards de femmes sur corps d’hommes (éditions du Détour). Je le lis cet été, et j’y reviendrai.
Pour aller plus loin (et pour vous)
- Séances « nu artistique » : https://celinepivoineyes.com/photos/seances-photo/photographe-nu-artistique/
- Estime de soi par l’image : https://celinepivoineyes.com/photos/seances-photo-pour-accepter-son-corps/
- Portrait, mode, lifestyle, corporate : https://celinepivoineyes.com/photos/seances-photo/photographe-portrait-mode-lifestyle-corporate/
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